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Peinture d’ombrage : recettes maison pour blanchir une serre

En été, la température peut rapidement devenir excessive sous une serre. Lorsque le soleil frappe directement le verre, le polycarbonate ou la bâche, la chaleur s’accumule et peut provoquer des brûlures sur le feuillage, une floraison perturbée, une mauvaise nouaison et un dessèchement plus rapide du sol.

Le blanchiment consiste à appliquer, sur la face extérieure de la serre, une préparation claire qui réfléchit une partie du rayonnement solaire. Selon l’exposition de la serre, la météo et l’épaisseur appliquée, ce procédé peut faire baisser la température intérieure d’environ 5 à 10 °C. Il contribue également à réduire l’évaporation et le stress hydrique subi par les plantes.

Il existe aujourd’hui des peintures d’ombrage prêtes à l’emploi, mais deux préparations naturelles et économiques peuvent être réalisées à la maison : le lait de chaux et le badigeon à l’argile blanche.

1. Le lait de chaux : une recette ancestrale

Le lait de chaux est probablement l’une des plus anciennes solutions utilisées pour blanchir les serres, les vitres et les murs exposés au soleil. La chaux forme une couche blanche qui réfléchit la lumière, tandis que le lait améliore légèrement l’adhérence de la préparation.

Pour 10 litres, comptez 1 kg de chaux aérienne éteinte CL90, 8 à 10 litres d’eau et 100 ml de lait entier. Cette préparation correspond au dosage traditionnel employé par certains maraîchers : environ 10 kg de chaux et 1 litre de lait pour 100 litres d’eau.

Versez l’eau dans un grand récipient, puis ajoutez progressivement la chaux aérienne éteinte en mélangeant soigneusement. Lorsque la préparation est homogène, incorporez le lait entier.

La caséine naturellement présente dans le lait agit comme un liant et permet au badigeon de mieux adhérer à la surface de la serre.

Avant de verser la préparation dans un pulvérisateur, filtrez-la à l’aide d’une passoire très fine ou d’un tissu. Cette étape est indispensable pour éviter que les particules de chaux ne bouchent la buse.

Le lait de chaux reste volontairement peu résistant aux intempéries. Une pluie importante ou un orage peut éliminer une partie du blanchiment et rendre une nouvelle application nécessaire.

Précautions indispensables : Utilisez exclusivement de la chaux aérienne déjà éteinte, généralement commercialisée sous la désignation CL90. N’utilisez jamais de chaux vive pour cette préparation. Son contact avec l’eau provoque une réaction fortement exothermique pouvant entraîner de graves brûlures. Même éteinte, la chaux reste très alcaline. Portez donc : des lunettes de protection ; des gants imperméables ; des vêtements couvrants ; un masque antipoussière pendant la manipulation de la poudre. Évitez également les projections sur les plantes et rincez immédiatement et abondamment en cas de contact avec la peau ou les yeux.

2. L’argile blanche ou le kaolin : une solution plus douce

L’argile blanche constitue une alternative intéressante pour les serres couvertes d’une bâche plastique. Elle est généralement plus douce que la chaux et se lessive progressivement sous l’effet de la pluie.

Le kaolin, une argile blanche très fine, forme à la surface de la serre une pellicule minérale claire capable de réfléchir une partie du rayonnement solaire.

Une préparation contenant 500 g d’argile pour 10 litres d’eau correspond approximativement à une concentration de 5 %. Elle convient à deux passages légers. Avec 800 g pour 10 litres, la concentration approche 8 %. Le mélange sera plus couvrant et pourra être appliqué en un seul passage, selon le niveau d’ombrage recherché.

Il est généralement préférable de commencer par une préparation légère. Il sera toujours possible d’ajouter une seconde couche si la protection obtenue semble insuffisante.

Versez une partie de l’eau dans un seau, puis ajoutez progressivement l’argile tout en mélangeant. Complétez avec le reste de l’eau jusqu’à obtenir une préparation fluide et homogène, proche de la consistance d’un lait.

Laissez reposer quelques minutes, mélangez à nouveau, puis filtrez soigneusement avant de remplir le pulvérisateur.

L’argile retombe rapidement au fond du récipient. Il faut donc remuer régulièrement la préparation pendant l’application.

Une variante traditionnelle avec du blanc d’œuf ou du fromage blanc

Certaines recettes anciennes utilisent du blanc d’œuf ou du fromage blanc comme liant naturel afin d’améliorer l’homogénéité et la tenue du badigeon.

Une préparation artisanale peut, par exemple, contenir : 1 kg d’argile blanche ; 2 blancs d’œufs ; éventuellement 200 g de fromage blanc ; suffisamment d’eau pour obtenir une préparation fluide.

Cette recette est davantage adaptée à une application à la brosse ou au rouleau. Pour l’utiliser avec un pulvérisateur, il faudra ajouter davantage d’eau et filtrer très soigneusement le mélange.

L’ajout de liants rend toutefois le nettoyage plus difficile et peut prolonger la tenue du badigeon. Pour un blanchiment temporaire et facilement lessivable, une simple préparation à base d’argile et d’eau reste généralement suffisante.

Comment appliquer le produit de blanchiment ?

Le produit doit toujours être appliqué sur la face extérieure de la serre. Placé à l’intérieur, il limiterait la lumière sans empêcher efficacement le rayonnement solaire de chauffer la couverture.

Avant l’application, nettoyez la surface afin d’éliminer les poussières, les mousses et les salissures susceptibles d’empêcher l’adhérence du produit.

Choisissez de préférence : une journée sèche ; une météo sans vent ; une période sans pluie annoncée pendant au moins 24 heures ; une température extérieure inférieure à 25 °C au moment de l’application.

Évitez de pulvériser en plein soleil ou sur une surface brûlante. Le produit risquerait de sécher trop rapidement et de laisser une couche irrégulière.

Appliquez une première couche légère et régulière sur le toit de la serre ainsi que sur les faces les plus exposées, généralement les côtés sud et ouest.

Après séchage, observez le résultat pendant une journée ensoleillée. Si l’ombre obtenue est insuffisante, ajoutez une seconde couche légère plutôt qu’une seule couche très épaisse.

Le produit peut être appliqué au pulvérisateur, à la brosse large ou au rouleau, selon la forme et la taille de la serre. Avec un pulvérisateur, le mélange doit toujours être très fluide et parfaitement filtré.

Il n’est pas toujours nécessaire de recouvrir la totalité de la serre. Dans de nombreux cas, le blanchiment du toit et des faces sud et ouest suffit à limiter les surchauffes les plus importantes.

Un blanchiment trop opaque peut réduire excessivement la lumière disponible pour les plantes. Lors des journées grises ou pluvieuses, ce manque de luminosité peut ralentir la photosynthèse, la croissance et la maturation des fruits.

La bonne méthode consiste donc à rechercher un compromis entre protection solaire et transmission de la lumière. Commencez toujours par une couche légère, puis adaptez l’ombrage en fonction de la température intérieure et de la réaction des plantes.

Quelle recette choisir ?

Le lait de chaux est économique, très couvrant et particulièrement adapté aux serres vitrées ou aux surfaces minérales résistantes. Sa manipulation demande cependant davantage de précautions en raison du caractère alcalin de la chaux.

L’argile blanche ou le kaolin constitue une solution plus douce et plus simple à utiliser, notamment pour une bâche de serre. La préparation se lessive progressivement et peut facilement être ajustée en modifiant la concentration ou le nombre de couches.

Avant d’utiliser l’une de ces préparations sur du polycarbonate ou sur une bâche plastique traitée contre les ultraviolets, effectuez toujours un essai sur une petite zone peu visible. Vérifiez également les recommandations du fabricant, car certains revêtements peuvent être sensibles aux produits alcalins, aux poudres abrasives ou à certains liants naturels.

Quelle que soit la recette choisie, le blanchiment ne remplace pas une bonne aération. Pour limiter efficacement les surchauffes estivales, il doit être associé à l’ouverture des portes, des lucarnes ou des côtés de la serre, ainsi qu’à un arrosage adapté et, si nécessaire, à l’installation d’un voile d’ombrage.

Lucas HEITZ, Le Jardinier Curieux

Jardinier-paysagiste et géographe de formation, je suis passionné par le monde végétal et ses innombrables curiosités. Fondateur de la Graineterie Alsagarden et militant d’un jardinage en accord avec la Nature, je suis aussi un fervent défenseur des variétés anciennes, libres et reproductibles. Découvrez mon parcours, mon histoire et mes dernières publications via ce lien !

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