Elle a un nom qui trompe délicieusement : l’Orchidée de février n’est pas une vraie orchidée… mais une Brassicacée, cousine des choux et des moutardes. Et pourtant, au printemps, quand ses grappes de fleurs violettes s’ouvrent en abondance, on comprend pourquoi on lui a offert ce surnom ! Plus surprenant encore : cette beauté se déguste. Feuilles, tiges, fleurs… tout (ou presque) passe en cuisine, avec cette petite pointe piquante qui réveille les assiettes de fin d’hiver.
Une plante comestible, véritable “star” printanière en Asie !
Derrière son nom savant quasi imprononçable Orychophragmus violaceus, la plante vient d’Asie de l’Est, très présente en Chine ainsi qu’en Corée, où elle est cultivée dans les jardins depuis des siècles. Côté famille, c’est donc une Brassicacée comme les choux, les navets, la roquette ou le cresson, ce qui explique sa personnalité gustative : végétale, fraîche, un brin “moutardée” !
Au jardin, son atout est double : ornemental (vraies “vagues” violettes au printemps) et alimentaire (jeunes feuilles et tiges consommées comme légume). En Chine, elle est aussi cultivée comme plante potagère, avec une récolte possible des tiges, et ses fleurs et feuilles sont signalées comme comestibles, notamment en salade.
Et il y a l’anecdote qui donne du relief au portrait : en Chine, son surnom zhuge cai est parfois relié à Zhuge Liang, célèbre stratège de la période des Trois Royaumes (IIIe siècle de notre ère, une époque de guerres et de famines récurrentes). La légende raconte qu’en pleine disette, ses troupes auraient consommé cette plante sur la route, ce qui aurait contribué à lui laisser ce nom dans la mémoire populaire.
À croquer : l’Orchidée de février en cuisine !
Bonne nouvelle : cette plante comestible n’est pas juste belle, elle ne se contente pas de décorer les assiettes, mais apporte vraiment quelque chose au palais ! Ses jeunes feuilles : tendres, se mangent crues en salade ou juste sautées comme un légume-feuille. Leur goût est frais, délicatement piquant, avec un esprit cresson/roquette, sans l’amertume lourde. Ses ravissantes fleurs violettes : comestibles elles aussi, apportent une délicieuse note florale et surtout un effet waouh immédiat dans l’assiette, en plus d’une touche de couleur irrésistible.
En Corée, la plante est aussi traditionnellement consommée comme légume, avec une récolte possible des tiges, souvent à partir de la seconde année. Et plus inattendu, certaines sources mentionnent l’usage des graines pour l’huile, et la recherche s’intéresse d’ailleurs à la richesse en huiles insaturées chez cette espèce.
Voici quelques idées recettes : simples, printanières, inratables :
-Salade de fin d’hiver : jeunes feuilles + quartiers d’orange (ou pamplemousse) + noix + fromage frais. Ajoutez les fleurs au dernier moment.
-Poêlée minute à l’asiatique : un filet d’huile, ail (ou gingembre), les feuilles 30–60 secondes à feu vif, sel, un trait de sauce soja, et éventuellement quelques graines de sésame.
-Omelette de jardin : feuilles rapidement tombées à la poêle, puis œufs battus ; fleurs ajoutées au service pour la couleur.
-Topping qui change tout : parsemez les fleurs sur un velouté de petits pois, une salade de pommes de terre tièdes, ou même des tartines ricotta-citron.
Culture et récolte de l’Orchidée de février !
Le semis se fait au chaud, entre mars et avril à une température de 15-20°C, en terrine ou en godets. Recouvrez à peine, pas plus de 2–3 mm de terre suffisent (la graine de cette espèce n’aime pas être enterrée profondément). Gardez humide jusqu’à la levée : la germination est généralement rapide, entre 15 et 30 jours maximum. Un semis en pleine terre est aussi possible à partir du mois de mai.
Les conditions idéales de culture de cette plante sont une exposition ensoleillée, car elle tolère mal l’ombre si vous voulez une belle floraison et des plants costauds. Elle apprécie les sols légers, fertiles, bien drainés et frais, maintenus humides sans excès.
L’Orchidée de février est généralement conduite comme une bisannuelle, et monte à une hauteur d’environ 50-60 cm en floraison, avec de belles grappes violettes, spectaculaire au printemps.
Les feuilles se récoltent jeunes (souvent la première année, ou en fin d’hiver/début de printemps avant la pleine floraison). Les fleurs se récoltent au printemps, au fil de l’ouverture des grappes : le matin, elles sont souvent au top, c’est le moment idéal. Et les tiges peuvent aussi éventuellement se récolter quand la plante est bien développée, souvent dans sa seconde année, en privilégiant les plus tendres.
L’Orchidée de février coche toutes les cases : une floraison violette spectaculaire, une cuisine simple et vive, et une culture accessible. Une “orchidée” qui n’en est pas une… mais qui a tout d’une star et qui mérite assurément une petite place dans votre jardin ! Des semences BIO sont disponibles dans notre graineterie en ligne pour la tester dès cette saison si vous souhaitez la cultiver chez vous.
Jardinier-paysagiste et géographe de formation, je suis passionné par le monde végétal et ses innombrables curiosités. Fondateur de la Graineterie Alsagarden et militant d’un jardinage en accord avec la Nature, je suis aussi un fervent défenseur des variétés anciennes, libres et reproductibles. Découvrez mon parcours, mon histoire et mes dernières publications via ce lien !







