Neige de février vaut un bon fumier

1
Les choux sous la neige – Photographie : Heitz Lucas / Alsagarden.

La neige s’est invitée dans une bonne partie de notre pays, les anciens le savent bien ce n’est pas forcément un mal au jardin, bien au contraire puisque « Neige de février vaut bon fumier ». En effet, la neige est non seulement un bon isolant qui va protéger le sol des coups de froid, mais en plus elle permet de fertiliser le sol, et cela sans aucun travail de jardinier.

Les bienfaits de la neige au jardin !

La neige est composée de cristaux d’eau et lorsqu’elle n’est pas compactée, elle contient beaucoup d’air, un parfait isolant. Ainsi même lorsqu’il gèle, sous un manteau de neige de quelques centimètres, on observe une température juste au-dessus de 0°C, supérieure à la température de l’air ! Et comme sous la neige, le sol n’est pas gelé, les racines des végétaux sont protégées et la vie bactérienne se poursuit et les micro-organismes continuent ainsi à travailler à la fertilisation de la terre.

De plus, la neige emprisonne l’azote de l’air lors de la formation de ses cristaux, cet azote est ensuite libéré dans le sol pour être restitué aux plantes. Autre bienfait, un sol couvert par la neige ne perd pas son azote par lessivage comme un sol non couvert. Protégé sous son manteau de neige, la matière organique du sol conserve alors toute sa richesse en azote, d’où le fameux proverbe « Neige de février vaut un bon fumier » !

Formation des cristaux de neige – Photographie : Aaron Burden / Unsplash.

Vous avez aimé cet article sur les bienfaits de la neige au jardin ?

Alors inscrivez-vous à la newsletter mensuelle du blog des jardiniers curieux :


Recevez toute l'actualité, les conseils de jardinage et les bons plans une à deux fois par mois !

 

1 Commentaire

  1. Bonjour,

    Avant tout je voudrais remercier Lucas Heitz pour la rédaction de ce Blog qui mérite d’être salué pour son originalité et les différents conseils qui y sont prodigués. Toutefois je me dois d’émettre une réserve quant à la véracité du proverbe « Neige de Février vaut un bon fumier ».
    En effet la première question à se poser est pourquoi ce proverbe parle de la neige de Février et pas celle du moi de Janvier ? Je proposerai une hypothèse en fin de document, afin de justifier l’expression populaire.

    Mais avant de répondre à cette question j’aimerai développer quelque peu la notion de fertilisation avant de faire une parallèle avec la neige.

    En effet les fumiers sont utilisés en agriculture depuis des siècles comme éléments fertilisants. Rien d’étonnant la dedans, car les fumiers sont riches en éléments minéraux fortement nécessaire pour la plante.
    On compte parmi ces éléments, le phosphore, le Calcium, la potasse (plus ou moins 17 éléments minéraux nutritif pour les végétaux) et l’Azote (N) élément déterminant dans la croissance des végétaux. C’est ici que la parallèle avec la neige a lieu. En effet, il est populairement accepté que la neige apporte de l’Azote aux terres… C’est là que les mésinterprétation agronomiques trouvent leur source.

    La neige peut en effet contenir de l’Azote atmosphérique qui s’est retrouvé emprisonné lors de la formation des cristaux. Toutefois, cet azote est sous forme de Diazote (N2). Cette forme n’est en aucun cas assimilable pas les plantes qui ne l’absorbent essentiellement que sous les formes nitriques (NO3) et ammoniacales (NH3). De plus le diazote est gazeux au dessus d’une température de -190°C, ainsi lorsque la neige fond ce dernier se volatilisera et l’immense majorité retournera directement dans l’atmosphère. Ainsi il est erroné de penser que la neige fournit de l’azote au sol et encore moins de l’azote assimilable par les plantes…

    Mais si ce premier argument ne suffit pas a convaincre, nous pouvons évoquer quelques notion de biologie et chimie. La première est que le diazote est constitué de deux atomes d’azotes reliés par des liaisons (triple) extrêmement forte. Ainsi le N2 ne peut se transformer en NO3 ou NH4 spontanément. Pour preuve le procédé (humain) Haber-Bosch permet cette transformation mais nécessite des quantité d’énergie astronomiques. Aussi certaines bactéries peuvent réaliser cette transformation et ces bactérie sont en effet présente dans le sol. Evidemment la réaction des croyants semble évidente « La neige apporte l’azote aux bactéries qui le transforment ensuite ». Cependant les concentration dans l’air en diazote (N2) sont de 78%, ainsi les bactéries sol n’ont aucun problème pour se procurer cet élément. Déjà extrêmement limité par sa volatilité, l’apport de N2 au sol est très certainement non significatif dans l’activité de fixation azotée des bactéries…

    Enfin, pour Février et pas Janvier ?

    Pour ne fâcher personne et par considération scientifique il est important de souligner que ce proverbe à certainement des fondement agronomiques. En effet, de nombreuses plantes ont besoin d’accumuler une certaine période de froid pour réaliser leur germination, pour changer de stade, pour synthétiser certain pigment, etc… Ainsi il est possible que les années ou le moi de Février a été particulièrement neigeux, que les plantes ait accumulé le froid manquant pour engendrer une entrée en végétation précoce et importante. Ainsi l’effet de verdissement de la nature (Germination/Bourgeonnement/Montaison/Etc.) qui en découle peut ressembler à l’effet d’un fumier, d’où l’origine potentielle de ce proverbe (Une explication qui n’engage que moi).

    En conclusion l’effet agronomique d’une Neige de Février peut être constatée mais doit être différenciée de la notion de fumier/fertilisation/azote qui n’ont rien à voir avec le phénomène observé.

    Voilà tout,

    J’espère que vous comprendrez que ces écrits sont un partage scientifique et non pas un désir de donner des leçons. La connaissance est le progrès, elle s’échange et se chérit.

    Andria PIETRI
    Agronome

Laisser un commentaire