Interview : Vianney Clavreul, un guide nature qui a expérimenté la vie sauvage

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Vianney Clavreul en pleine récolte d'ail sauvage - Photo : Facebook.com/vianfauna

Vianney Clavreul, guide nature à Abbeville en baie de somme a parcouru 2 600 km à pied en sept mois, en traversant la France, l’Espagne pour enfin atteindre le Portugal en mars dernier. Lors de ce périple, Vianney était équipé d’une simple charrette avec le strict minimum de matériel et s’est nourri exclusivement de plantes sauvages et de petits fruits. Retour sur les temps forts de son aventure via notre interview en dix questions !

1.) Pourriez-vous nous parler de vos formations et de votre parcours ?

« Je fus un cancre autodidacte qui à vite compris que je ne pourrais jamais être meilleur que dans ce que j’aime! Cette prise de conscience dirigea tous ce que j’allais faire par la suite. Devant faire mon service militaire je me fis objecteur de conscience et travaillais pour une Maison de la Jeunesse et de la Culture ou je fis mes premières armes en tant que pédagogue. Je poursuivi ce parcours pour ne plus l’arrêter, j’avais trouvé ma vocation. Un petit détour pour une formation de forgeron m’amena à me spécialiser dans ma discipline favorite et je devins ainsi ferronnier pour le château d’Eaucourt sur Somme (80). Cet écrin de verdure m’émus jusqu’à l’âme et je me suis formé en tant que guide nature. Mon truc c’était créateur de jardins pédagogiques (7 à mon actif) pour aider les enfants à devenir des citoyens respectueux de la vie et me spécialisa en plus dans les plantes sauvage, afin de maitriser les deux pôles de l’alimentation humaine, sauvage et domestique. Mon BPJEPS en poche je sévis depuis dans toute structure afin de créer des oasis écologique et faire revenir les légumes sauvage dans notre culture afin que cela soit une banalité ».

2.) Comment est né votre intérêt pour la nature et les plantes sauvages comestibles ?

« Je suis né au bon endroit, à une époque ou la nature était encore fastueuse dans sa diversité. Celle-ci dominant tous le paysage a intriqué l’horizon et le soleil dans mes yeux, sa beauté dans mes tripes. Durant ma croissance une question de jeunesse murissaient dans mon esprit: Comment faisait l’humanité avant que l’on invente l’agriculture? A une époque, un homme qui avait su créer en moi un sentiment de confiance, à fait le choix de me trahir, créant ainsi dans ma vie un déficit financier qui fut long à gérer. Tachant d’être à la hauteur du défis qu’il m’avait tacitement lancé, cette question de mon enfance m’est revenu et j’ai tous fait pour y répondre. Tous fait, jusqu’à avoir un savoir complet me permettant de ne plus subir la pauvreté que j’avais ressenti. Il ma donné une livre de plomb et en quelques années j’en ai créé une livre d’or, que je peux maintenant échanger à l’infini. Cet homme fut mon meilleur ennemi et moi mon meilleur ami ! »

3.) Quelles sont vos convictions et votre éthique personnelle vis à vis de la nature ?

« Ma conviction est que la nature est la souche de toute culture. C’est pourquoi, lorsque je ressens le besoin de me renouveler, de répondre à des questions, de faire des choix, c’est en elle que je puise le savoir nécessaire à mes nouveaux besoins. Mon étique étant de ne pas nuire, lorsque je cueille, je ne tue pas la plante qui me nourrit ».

4.) Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir sur la route dans ce voyage initiatique ?

« J’aime à pousser une question jusqu’au bout, car une fois répondu je peux ensuite aller au-delà. J’avais, en poussant mes expérimentations, fais un test alimentaire durant trois mois et demis afin de savoir ce que cela fait au corps et à l’esprit d’être en autonomie avec ce que nous propose la nature. Cette expérience effectuée à 80/100, m’a répondu au-delà de tous ce que j’avais lu. Que les ressources qu’offre la nature apporte une santé difficile à concevoir si on ne si essaye pas. Car toute ces plantes sont médicinales, le corps découvre une pleine satiété de ses besoins. Cela répond à une vaste étendu de problèmes, alimentaire, santé, économie, écologie, rapport au temps et à l’espace. Cette connaissance peut vraiment changer notre rapport au monde. Cela connu il me fallait aller plus loin, suivre les saisons. J’ai vérifié sur le net, voir si d’autres l’avaient fait et m’aperçus que j’étais le premier à me lancer dans ce défi migratoire qui fut fermé par l’avènement de l’agriculture. Le faisant en grande partie seul, ça en devenait une initiation, ce fut une motivation complémentaire ».

Le package de Vianney Clavreul – Photo : Vianney Clavreul / Facebook.com/vianfauna

5.) Pouvez-vous nous parler de votre quotidien durant ces quelques 2600 kilomètres à pied ?

« La rengaine d’une marche constante durant 6 mois, aller plus vite que l’hiver qui derrière me suivait et qui m’a rattrapé, que j’ai dépassé. Des longues et pleines solitudes ou tous ce qui vie en moi s’exprime, des joies intense quand des amitiés d’un temps ou encore de mille ans ce forment sur la route. Un accordage sonnant entre le faire et le vivre. Ce dépasser dans des efforts abruptes, se perdre par l’épuisement, ce retrouver par l’élan ! »

6.) Aviez-vous su tirer toutes vos ressources de la nature, étiez-vous en autonomie alimentaire ?

« Il y eu des moment où l’autonomie que je cherchais m’échapper, ou j’ai dû pour tenir physiquement prendre des ressources autrement que par le don naturel, mais ne lâchant rien à ma question de base: Est il possible de ce nourrir par la nature dans une dimension aussi physique que celle ci ? J’ai fini par trouver la solution du problème, grâce au Feux ! C’est en faisant cuir mes aliments de tel sorte qu’il y est une forte réduction du volume, que j’ai pu en augmenter la quantité et ainsi mon nombre de calories. C’est ce qui m’a fait réussir mon pari. Dans l’ensemble, vu qu’il m’a fallut du temps pour comprendre que le fait de manger cru ne m’apportait pas les glucides nécessaire, j’ai eu une moyenne d’autonomie de 70/100. »

Cueillette de fleurs comestibles – Photo : Vianney Clavreul / Facebook.com/vianfauna

7.) Vivre sans argent, est-ce encore possible aujourd’hui ?

« Si l’on est pas gêné par le fait de migrer pour éviter ou le chaud ou le froid, si l’on sait faire un feux sans risquer des incidents qui peuvent mal finir, si l’on a pris le temps d’étudier ce que pourrait être l’alimentation naturelle, si l’on est empathique et solidaire. De par la relation aux autres, de par les ressources qu’offre la nature, il est possible de vivre sans argent et bien heureux dans l’existence ! Mais est-ce cela que je désir pour moi ? Non ! L’esprit de coopération, de groupe, est trop prégnant en moi pour laisser les gens détruire la planète simplement parce-qu’ils ne savent pas comment faire autrement, donc je partage. Mes trouvailles n’apportent pas une solution globale, mais c’est une des fibres de la corde que l’époque nous invite à tirer ensemble ».

8.) Quelles ont été vos plus belles expériences durant votre voyage ?

« La beauté des paysages, la lumière, les ciels, les horizons, la solitude et les gens. Le soutient de mes proches et d’inconnus intenses. Ce matin de février ou dans le printemps du Portugal, j’ai compris que c’était fait, que j’avais gagné mon pari, que je pouvais enfin rentrer ! J’étais en forme sauf que mes deux tendons d’Achille me faisaient souffrir et je risquais de mal finir si j’insistais plus longtemps ».

9.) Que pourriez-vous conseiller à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la même aventure ?

« De boire beaucoup d’eau, dès que ça chauffe il faut refroidir ! Ça évitera les tendinites. De ne plus s’alimenter avec des glucides raffinés, de ce nourrir avec de la nourriture vivante L’alimentation sauvage lui semblera plus naturel. De faire des tests alimentaire pour constater comment on réagit physiquement à ces plantes là. Afin d’être pleinement confiant en ce que l’on fait. De prendre les chemins les plus commun, l’abondance est au pied de notre porte. De tenter l’expérience suffisamment longtemps pour que le corps et l’esprit soient pleinement imprégnés. Enfin, de bien s’écouter pour avancer à son rythme propre pour anticiper ce qui suit ».

Sur les routes de l’initiation – Photo : Vianney Clavreul / Facebook.com/vianfauna

10.) Vous écrivez un ouvrage pratique tiré de votre expérience, pourriez-vous nous en parler ?

« C’est un livre qui se veut simple et efficace, un peu de mon histoire pour souligner la pratique et un herbier pour retrouver facilement les nouvelles plantes « initiation à la vie sauvage » c’est le thème ! C’est un retour à l »initiation au passage à l’age adulte qu’on put faire nos ancêtres en des temps plus ancien. Il faut si préparer, car cela ne s’improvise pas. L’essentiel sera présent pour assurer un voyage comme je l’ai fait, Simple, clair et efficace pour s’en servir au plus tôt. Vous pouvez soutenir ce projet d’écriture en allant visiter la page Tipeee. Voici ce que pourrait être la quatrième de couverture, tiré du site Wikipédia pour la définition de « Walkabout ». C’est le terme anglais donné au rite d’initiation des Aborigène d’Australie (les premiers autochtones australiens) que les garçons accomplissent pendant l’adolescence et qui consiste à vivre dans le bush et l’outback (désert) pendant quelque six mois. Par cette pratique, les jeunes recherchent les signes laissés par leurs ancêtres et aspirent à imiter leurs traits héroïques. Ces longues déambulations dans les étendues désertiques jouent un rôle vital pour le contact et l’échange (à la fois matériel et spirituel) des ressources au sein des populations disséminées sur les vastes étendues désertiques ».

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