Faire pousser des plantes comestibles avec une eau presque aussi salée que celle de la mer ? C’est l’une des pistes étudiées par des chercheurs de l’Université de Pise pour développer l’aquaponie en eau salée. Et surprise : Alsagarden occupe une petite place dans cette étude scientifique !
Pour six des quinze espèces évaluées, notre graineterie est citée comme fournisseur de semences. Publiée en 2022 dans la revue scientifique Horticulturae, l’étude compare plusieurs plantes afin de déterminer lesquelles seraient les plus intéressantes dans des systèmes aquaponiques fonctionnant avec une eau saumâtre à 10 g/L de salinité ou une eau très salée à 35 g/L, proche de l’eau de mer.
Six espèces de notre graineterie passées au crible !
Pour établir leur classement, les chercheurs prennent en compte la tolérance au sel, le rendement potentiel, l’intérêt alimentaire et commercial, les connaissances disponibles sur leur culture, mais également la disponibilité et le prix des graines. Et c’est là qu’Alsagarden apparaît dans l’étude : notre graineterie est répertoriée comme fournisseur de semences pour pas moins de 6 espèces : Aster tripolium, Atriplex hortensis, Crithmum maritimum, Portulaca oleracea, Salicornia europaea et Salsola soda. Et voici les résultats de l’étude pour chacune d’elles :
-L’Aster maritime (Aster tripolium) obtient une appréciation « moyenne » à 10 comme à 35 g/L dans le modèle. Les auteurs rappellent cependant qu’une autre expérimentation menée avec une eau saumâtre à 10 g/L avait conclu qu’il constituait un bon candidat pour l’aquaponie saline. Ses feuilles comestibles sont également appréciées comme source de minéraux.
-L’Arroche des jardins (Atriplex hortensis) s’en sort particulièrement bien en eau saumâtre : elle est classée « bonne » à 10 g/L, puis « moyenne » à 35 g/L. Les chercheurs relèvent également son rendement potentiel élevé et son intérêt nutritionnel, notamment pour la vitamine C et plusieurs minéraux. En revanche, ils soulignent que ses graines sont relativement difficiles à trouver, précisément l’un des freins au développement de ces cultures encore marginales.
-Le Crithme maritime (Crithmum maritimum), cette plante aromatique du littoral également connue sous le nom de Fenouil marin, est classé « moyen » à 10 g/L, mais « faible » à 35 g/L. L’étude situe sa salinité optimale autour de 5,8 g/L, ce qui suggère qu’il apprécie une certaine salinité sans pour autant être le meilleur candidat lorsque l’on se rapproche de l’eau de mer pure.
-Le Pourpier (Portulaca oleracea) fait partie des grandes surprises de l’étude. Il obtient une appréciation « bonne » aussi bien à 10 qu’à 35 g/L. Avec la salicorne, il fait même partie des deux espèces que le modèle considère comme les plus adaptées au scénario à très forte salinité.
-La Salicorne d’Europe (Salicornia europaea) confirme sans grande surprise son extraordinaire adaptation au sel : elle est elle aussi classée « bonne » dans les deux scénarios. Avec le Pourpier, c’est donc l’une des deux grandes gagnantes de l’analyse.
-Enfin, la Soude commune (Salsola soda), plante comestible traditionnelle notamment connue en Italie sous le nom d’Agretti, obtient une note « moyenne » à 10 g/L, mais devient un candidat « faible » à 35 g/L. L’étude souligne également son intérêt alimentaire, ses jeunes feuilles et tiges étant consommées comme légume.
Ces différentes espèces végétales ont ainsi été évaluées dans la perspective de leur intégration à des systèmes d’aquaponie saline, où elles pourraient être cultivées en association avec des poissons marins adaptés à ces conditions, comme la dorade royale ou le bar européen.
Pourquoi la disponibilité des graines compte autant
L’un des enseignements les plus intéressants de cette étude dépasse finalement la seule tolérance au sel. Les chercheurs concluent que, pour ces plantes comestibles et cultures encore peu répandues, la disponibilité des semences constitue elle-même l’un des principaux obstacles à leur développement en aquaponie saline.
C’est un constat qui résonne particulièrement avec notre travail et notre philosophie. L’objectif de notre graineterie spécialisée en plantes rares consiste justement à rendre accessibles des espèces qui restent souvent absentes des circuits traditionnels. Et dans cette étude, les chercheurs ont identifié Alsagarden comme source commerciale pour six des quinze espèces examinées.
Lorsque la recherche se penche sur de nouvelles cultures adaptées aux eaux salées, identifier les bonnes espèces est une chose… mais pouvoir se procurer leurs graines en est déjà une autre !
Pour aller plus loin : L’étude a été publiée en 2022 dans Horticulturae : Puccinelli M., Fierro-Sañudo J.F., Bibbiani C., Fronte B., Maibam C., Dubois T., Pardossi A., Incrocci L. & Rossi L., Multi-Criteria DEXi Analysis for the Selection of Crop Species for Saltwater Aquaponics, Horticulturae, 8(8), 703 (2022). DOI : 10.3390/horticulturae8080703. Dans cette étude, Alsagarden est cité comme fournisseur de semences pour Aster tripolium, Atriplex hortensis, Crithmum maritimum, Portulaca oleracea, Salicornia europaea et Salsola soda.
Jardinier et géographe de formation, je suis auteur et chroniqueur, spécialiste des variétés anciennes et de la biodiversité cultivée. Fondateur d’Alsagarden et militant d’un jardinage en harmonie avec la nature, je suis aussi un fervent défenseur des semences libres. Découvrez mon parcours, mon histoire et mes publications via ce lien !
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