Le bois raméal fragmenté (BRF) : Ses bénéfices au jardin potager !

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Le bois raméal fragmenté, ou BRF est un mélange de copeaux de bois frais mais aussi une technique de culture écologique et économique qui nous vient du Canada. Pour certains, il s’agit même d’une révolution agronomique puisque il permet de recréer un sol riche, aéré et riche en micro-organismes…mais qu’est-ce qu’au juste le BRF ? L’objectif de cet article est donc de voir ce qu’est exactement le BRF, ses atouts au jardin mais aussi ses limites !

Le BRF : Qu’est-ce que c’est exactement ?

Le bois raméal fragmenté est un mélange non composté de résidus de broyage de rameaux de bois. Mais ce terme désigne aussi une technique de culture qui consiste à reproduire le cycle naturellement présent en forêt en répandant du broyat dans la couche supérieure du sol sous forme de paillis, afin d’améliorer la qualité du sol. Ainsi le BRF, est utilisé et fabriqué au jardin bio à partir des tailles de haies par exemple.

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Les nombreux atouts du BRF au jardin !

Le BRF sert principalement à réinstaller l’activité biologique mise à mal par le travail du sol (labour) qui détruit le lieu de vie des habitants du sol en le bouleversant et le mettant à nu. On incorpore pour cela le BRF en surface en l’étalant sur une couche de 1 à 4 cm (voire plus sur un sol très dégradé), puis les vers de terre se nourrissent de la cellulose pendant que les champignons dégradent la lignine. Ainsi l’ajout du BRF permet de reconstruire durablement un écosystème au niveau du sol mais par seulement :

>>> Le BFR nourrit le sol et stimule la vie : En effet, il permet de régénérer et entretenir la richesse d’un sol, et de constituer des réseaux trophiques. En se décomposant, le BRF attire les champignons qui eux-mêmes attirent la pédofaune du sol. Une symbiose naturelle se met en place.

>>> Le BRF, un structurateur du sol : Les fragments de bois raméal disséminés dans la couche superficielle du sol absorbent les pluies en évitant ou limitant le lessivage, puis empêchent les remontées d’eau par capillarité et donc l’évaporation qui caractérise cette zone du sol, notamment en l’absence de couvert végétal. La présence de fragments de bois à volume variable selon le niveau d’humidité contribue également à l’aération du sol.

>>> Le BRF joue un rôle de protecteur et de thermorégulateur : En outre, le BRF s’avère avoir un effet tampon important sur la température du sol qui est, de par sa présence, moins chaud en été. Ceci a un effet protecteur sur la plante poussant dans le BRF comme sur la pédofaune.

A savoir que cette technique est utilisable par toutes les formes de culture, potagers privés, maraîchage, agriculture, nouvelles plantations et établissements de haies, sylviculture, arboriculture…

En pratique, comment fabriquer et utiliser le BRF ?

Entre le mois novembre et le mois de mars, vous allez sans doute effectuer la taille de vos arbres et arbustes. Que faire de tous ces déchets de taille ? Broyez-les pour en faire du BRF bien sur ! Attention cependant : conservez pour le BRF tous les rameaux de bois verts et les jeunes branches de feuillus, de moins de 7 cm de diamètre. Privilégiez les bois nobles comme le chêne, le châtaignier, l’érable, le hêtre ou encore le robinier. Évitez les grosses branches et le bois des résineux comme le thuya !

Après broyage, n’attendez pas pour l’utiliser au jardin ou au potager ! Épandez le BRF sur votre sol de culture en couche de quelques centimètres. En février, griffez légèrement le sol pour incorporer le BRF à la terre de surface. Et mettez en place vos plants ou semez directement dessus au printemps. Au potager, tous les légumes peuvent être cultivés avec cette technique. Ensuite, c’est le sol qui travaille pour vous, le jardinier n’a pas besoin d’intervenir : pas d’arrosage, pas de fertilisant, pas de désherbage. Dans deux ou trois ans, le BRF aura été totalement transformé en humus, il sera temps de le renouveler. On peut également utiliser les BRF comme un mulch, notamment au pied des arbres et arbustes fruitiers, des rosiers et autres vivaces.

Face à la raréfaction des matières organiques et à la diminution de l’activité biologique, l’épandage de BRF est une piste intéressante et économique ! En plus, de recycler les déchets de taille, cette technique permet aussi d’améliorer les rendements du potager et de booster le développement de la biodiversité ! Et vous, que pensez-vous du BRF ? [divider]

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4 Commentaires

  1. J’ai créé un jardin potager en partant d’une friche herbeuse. Après juste un fauchage grossier, j’ai épandu environ 10 cm de BRF, au début de l’hiver. Quelques semaines plus tard, l’herbe, fauchée ou non était quasi décomposée. Au printemps, j’ai découvert un sol disponible sous le BRF. A peine un petit griffage, en prenant soin de laisser le BRF en début de décomposition en surface. Pour semer, on écarte un peu le BRF, on sème avec un peu de terreau et c’est tout. Un an plus tard et quelques couches de BRF frais par dessus, j’ai un beau sol plein d’humus, ça pousse bien, arrosage très réduit, très peu d’adventices (les mauvaises herbes,quoi), aucun travail du sol. Pour planter des arbres sans se fatiguer, une recette miracle : verser une brouette de BRF 6 mois à l’avance à l’endroit où on veut planter un arbre, sur l’herbe, sans rien faire d’autre. Laisser faire ! Quand c’est le moment, écarter le BRF, pour découvrir un sol déjà ameubli par les petites bêtes et l’humidité, facile à creuser. Bien sûr, on remet le BRF en place : l’arbre sera comme dans une forêt, nourri par le BRF, sans concurrence (herbes…)
    Au compost, avoir un stock de BRF est ultra-utile : les herbes et épluchures ne donnent PAS le terreau tant espéré : manque de carbone, trop d’azote = bouillie odorante pleine de moucherons qui découragent vite le jardinier-écolo qui pensait bien faire. La solution ? à chaque dépôt de déchet ajouter une petite couche de BRF. Au final on aura vraiment du terreau à terme, ça ne sent plus !
    Pour se procurer du BRF, 2 solutions : demander à une entreprise d’espaces verts qui fait du broyage (les espaces verts des mairies aussi). Si dans le lot on récupère du BRF de résineux, ce n’est pas un drame, on s’en sert pour faire des allées, ou entourer les arbres et haies plantées. L’autre solution, si on a un jardin avec des haies, c’est d’avoir un broyeur. Il y en a de deux sortes, dont un à éliminer d’emblée : ceux à couteaux, bruyants, peu puissants, trop vite émoussés. Les seuls broyeurs domestiques valables sont ceux “à pignon” : un cylindre avec des dents broie jusqu’à 40 mm, peu bruyant, efficaces. Une fois qu’on a commencé c’est carrément addictif, tailler une haie devient un jeu qui rapporte de l’or ! Une marque de supermarché en 4 lettres commençant et finissant par L vend assez régulièrement des broyeurs de ce type pour environ 120 euros : il faut foncer, ils sont excellents et garantis 3 ans.
    Le BRF est une solution à l’abandon de la notion de “déchet vert” qui devrait être payant au ramassage !

  2. […] Le bois raméal fragmenté, ou BRF est un mélange de copeaux de bois frais mais aussi une technique de culture écologique et économique qui nous vient du Canada. Pour certains, il s’agit même d’une révolution agronomique puisque il permet de recréer un sol riche, aéré et riche en micro-organismes…mais qu’est-ce qu’au juste le BRF ? …  […]

  3. Raymond Gabriel, j’ai lu avec bcp de plaisir vos explications claires et simples (trop simples ?). J’habite dans le sud-est, mon sol n’a vraiment pas l’air en forme, autour de moi, c’est de la garrigues (chênes kermess = buissons piquants ). Puis-je utiliser cela pour faire BRF ? Je vous remercie de bien vouloir me répondre.

    • Bonjour, simple parce que c’est la nature-même du BRF ! Vous habitez dans la garrigue du Sud Est : sachez qu’il y a longtemps un certain Jean Pain (sa famille vend des broyeurs professionnels) a redécouvert cette technique dans le sud-est (si je ne me trompe) avec garrigue et cie : il a obtenu des résultats spectaculaires. Renseignez-vous, c’est très instructif. Bien sûr, vous pouvez broyer du kermès, et tout ce qui est non résineux (quoi que…en proportions raisonnables, tout est bon !) pour fabriquer votre BRF. La garrigue est pas définition un “sol perdu” : le fait de créer des endroits généreusement recouverts de BRF va reconstituer le sol. Lorsque c’est fait avant le début de l’hiver, il est prêt à être planté au printemps, mais rien ne vous empêche de le faire maintenant. Le résultat devrait être assez rapide, et de toutes façons profitable pour le futur.

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