Ophrys apifera : Zoom sur une curieuse orchidée européenne !

Ophrys apifera, connue en Europe sous le nom d’orchidée abeille, est une plante vivace herbacée de la famille des Orchidacées. La première description de cette espèce fut réalisée par William Hudson en 1762 dans sa première édition de Flora Anglica. Le nom “Ophrys” dérive du mot grecs ophrus, qui signifie “sourcil”, tandis que le latin “apifera” se réfère à sa forme d’abeille.

L’orchidée abeille, entre abondance et rareté !

Cette orchidée européenne sauvage de 20 à 50 cm de hauteur est originaire des régions tempérées de l’Atlantique jusqu’au Caucase, parfois abondante, elle se rencontre même en Île-de-France de façon endémique. En Écosse, elle fut considérée comme éteinte durant de nombreuses années, mais a été redécouvert en 2003. Ces orchidées apparaissent en grand nombre certaines années, alors que parfois elles peuvent réapparaître après une absence prolongée de plusieurs années. Pour cette raison, les plantes ont un statut protégé dans certains pays et régions. En France, l’orchidée abeille classée en « Préoccupation mineure » est protégée en Bretagne, en Picardie, en Limousin et en Auvergne. Cette espèce se rencontre généralement en pleine lumière ou à une situation mi-ombragée, sur des sols surtout calcaires, dans les pelouses, les garrigues, les broussailles, les bois clairs, les prés ras, rocailles, talus, dunes au bord des routes également. En revanche, elle ne se retrouve pas au-dessus de 1000 mètres d’altitude.

Ophrys apifera

Floraison et stratégie de reproduction !

Sa floraison spectaculaire intervient entre le mois d’avril et le mois de juillet, selon la région. Elle possède de grands sépales roses ou blanches. Ses petites pétales sont jaune-verdâtre, velus et de forme triangulaires. L’Ophrys apifera est pollinisée par des abeilles solitaires mais pas par les abeilles sociales. Le labelle caractéristique comporte des dessins jaunes faisant penser à un abdomen d’abeille. En effet, le labelle se comporte comme un leurre que l’abeille mâle confond avec une femelle. De plus, la plante attire l’insecte en produisant une odeur qui imite l’odeur de l’abeille femelle. Le transfert de pollen se produit pendant la pseudo-copulation qui s’ensuit !

Ophrys apifera (2)

Une solution alternative à la pseudo-copulation, une étonnante particularité !

Si cette fécondation croisée n’a pas eu lieu, l’Ophrys apifera a recours à l’autofécondation. On peut observer un basculement précoce des pollinies sur le stigmate. Cette particularité étonnante provoque des variations locales nombreuses dont on a parfois voulu faire des espèces nouvelles. En effet, certains botanistes pensant être en présence de nouvelles espèces on proposés un important nombre de variétés (O. jurana, bicolor, aurita, fulvofusca, trollii, botteroni, friburgensis, saraepontana, flavescens…), mais aucune n’est aujourd’hui officiellement reconnue.

Ophrys apifera (4)

8 Commentaires

  1. J’en ai trouvé 4 dans mon jardin, 3 dans ma pelouse et une dans un massif… j’aimerais bien la déterrée pour la replanter dans un pot ? Avez vous déjà réalisé cette opération ?

  2. Oui je l’ai fait avec succès. Il faut absolument conserver la Motte de terre qui entoure sa racine car elle contient des micro-organismes indispensables à son développement.

  3. Pour la seconde annee, J’ai pu constaté la présence d une de ces jolies orchidées , dans mon jardin, au pied de mes troennes . Et je suis tout au nord de la France , dans un petit village de Flandres !

Laisser un commentaire