Construire une serre souterraine pour cultiver toute l’année

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Le mot « Walipini » signifie littéralement « lieu de chaleur » en langue Aymara.

Développée dans les régions montagneuses d’Amérique du Sud et notamment en Bolivie dans la région de la Paz, cette méthode permet de maintenir des cultures productives toute l’année, même lorsque le climat est froid. Cette serre souterraine, aussi appelée “Walipini” qui signifie littéralement “lieu de chaleur” en langue Aymara est une véritable alternative à nos serres traditionnelles !

La Walipini, une serre productive 365 jours par an !

Le principe d’une Walipini est d’emmagasiner la chaleur de la journée et de la restituer la nuit. Ainsi, on maintient une température constante 24h/24. En effet, la toiture en plastique crée un effet de serre et les parois faites de pierres naturels, ou de terre crue sont suffisamment denses pour pouvoir absorber de grandes quantités de chaleur.

A environ 2 mètres de profondeur, l’inertie thermique permet de conserver une température relativement de l’ordre de 10 à 15°C, évitant de soumettre les plants à des écarts de températures trop importants. Des légumes tels que la laitue, le chou ou le brocolis pourront aisément être cultivées dans ces conditions toute l’année et même pendant l’hiver dans des climats rudes.

Serre souterraine (1)
Une serre souterraine pour cultiver son potager toute l’année !

Quelques principes constructifs à respecter !

Si le principe est simple, plusieurs points importants doivent être respectés pour que celles-ci fonctionnent de façon optimale ! Tout d’abord la position par rapport au soleil, l’angle du toit doit idéalement avoir un angle de 90° par rapport au solstice d’hiver. Le toit en lui même sera constitué de deux couches de bâches en plastique transparentes, espacées de quelques centimètres grâce à quelques lattes en bois. Cet espace d’air constituera un isolant supplémentaire, favorable au stockage de la chaleur. A savoir que le plastique filtrera moins les rayons solaires que du verre par exemple, permettant une meilleure pénétration de la lumière et ainsi de la chaleur.

Il faudra également bien s’assurer de l’imperméabilité de la serre et notamment de l’étanchéité du toit afin qu’éviter que l’espace de culture ne se transforme en piscine. Attention également à construire votre serre au moins 1,5 mètre au-dessus de la nappe phréatique ! La ventilation est aussi un point important. Pensez donc à faire un système d’échange d’air (sous forme de tubes, ou cheminées). Pour l’arrosage des cultures, placez simplement une citerne d’eau dans le fond de votre Walipini afin d’avoir de l’eau préchauffée utilisable pour vos semis et plantes. En plus d’être un formidable élément de stockage de chaleur, l’eau préchauffée réduit aussi le risque de choc thermique de la plante.

Connaissiez-vous déjà cette technique ? Certains d’entre vous ont t-ils déjà réalisé une serre souterraine ? Partagez vos connaissances et n’hésitez pas à réagir à cet article en publiant un commentaire !

11 Commentaires

    • Bonjour Philippe, le sol est très sec, la période des pluie courte (D’ailleurs, une énorme majorité des maisons de l’altiplano est construite avec les blocs de pisé). La 1er photo semble être une serre hors sol, mais comme tu peux le constater sur la 2è photo, les parois en partie basse ne sont pas construites, la plupart des murs sont simplement les parois dûes à l’excavation. Seul est construit en “blocs” ce qui dépasse du sol, soit généralement 20 cm d’un côté, et env. 50 de l’autre afin de générer une pente d’écoulement (et récupération) de l’eau lorsqu’il pleut. (je ne sais pas comment poster une photo dans le commentaire). En fait, avec notre association nous ne faisons pas de walipinas à double pente, mais la couverture quasi plate est en pvc transparent ondulé. Le modèle présenté ci-dessus n’est pas particulièrement courant, il est bien moins “souterrain” que celui qui est plus commun. (Je peux proposer à Lucas qui gère ce blog, d’autres photos). La walipina à une double utilité : d’abord, emmagasiner la chaleur, mais aussi retenir l’humidité en limitant l’évaporation, pendant la période hivernale, la sécheresse est intense. Avec les épisodes “El Niño” de plus en plus fréquents, il y a de plus en plus souvent de la pluie, voir de la neige. (là-bas, hivers = sécheresse et été saison des pluies).

    • Les murs doivent être en mélange terre sable je suppose, crus. Ils doivent être bien tassés (en briques) Quoiqu’il en soit, ces murs ne craignent pas la pluie s’ils sont protégés en partie haute. La pluie qui bat dessus les humidifie mais la terre ne coule pas, elle sèche dès qu’il ne pleut plus. Mais si le haut du mur (horizontal) n’est pas protégé, alors là oui, la terre va se diluer. Le pisé est une méthode de construction bien connue et maitrisée Autour de chez-moi, il y a des maisons anciennes en terre crue (poitou).

  1. Salut Lucas, merci pour cet article bien intéressant. Je connais bien les walipinas des haut-plateaux boliviens et avec notre association nous en construisons depuis quelques années (“Macha’k Wayra Synergie Bolivie” basée à Strasbourg), ça fait pas mal de temps que j’espère pouvoir te rencontrer… je suis aussi quelque peu passionné de plantes (ce n’est pas si loin, Gries->Gambsheim). Nous avons très bientôt notre fête de 10è anniversaire de l’association, avec photo-reportage entre autre sur les Walipinas. “Concorde le pigeon”, qui fréquente ta page FB (me semble-t-il) y était aussi en début d’année et y a participé. Le procédé des Walipinas est ancien et existait déjà du temps des incas. la pratique s’est perdue sous le joug espagnol. Remettre ce procédé de culture en route est parfaitement adapté à l’altiplano. en effet, les nuits sans gel sont rares. donc, même s’il gèle à -15 la nuit, il est possible de cultiver des laitues, tomates etc… puisque la chaleur emmagasinée de jour est suffisante pour chauffer la walipina (ensoleillement constant 9 mois sur 12, et les mois de la saison pluvieuse sont moins froid la nuit). La fumure provient essentiellement des crottes le lamas, alpagas, moutons.

    • Bonsoir Dany, merci beaucoup pour toutes ces informations complémentaires précieuses sur les Walipinas. C’est effectivement un procédé tout à fait remarquable ! Je viens de jeter un œil sur la page de votre association “Macha’k Wayra Synergie Bolivie”, de bien beaux projets réalisés dans cette région, si riche et rude à la fois. Je vous propose de vous laisser la parole sur ce blog en écrivant un article peut être plus technique et concret accompagné de vos photos du terrain, qu’en pensez-vous ? Je vous invite à me contacter directement par e-mail (contact@alsagarden.com). Je vous souhaite une bonne soirée et vous remercie une nouvelle fois pour toutes ces infos enrichissantes !

  2. Je ne suis pas un savant encore moins en culture, mais de tout les temps, c’est la terre qui serait le meilleur isolant. Mon rêve était de réaliser une maison du même style, semi enterrée et une toiture qui capterait la luminosité et la réverbération mais faute de moyens, cela reste un rêve. Je suis sur qu’avec peu de chose et un peu de recherche (autre que savoir si il y a eu de l’eau sur Mars) la vie sur terre pourrait être plus agréable pour tous !

  3. Bonjour à tous, en cherchant comment fabriquer une serre en bois derrière ma maison à Haguenau, je suis tombé sur ces serres enterrées. Avec un coût de construction affichée de 250 euros sur certains sites. Je reste songeur car se posent de nombreuses questions 1- autorisation requise à la mairie ? 2- nécessité de “blinder” les murs afin d’éviter qu’ils ne s’effondrent sur le jardinier ? 3- ventilation ? 4 – drainage périphérique ? 5 – coût de l’opération : location de mini pelle, renforcement des murs, drainage du sol (gravier ?), bois imputrescible type robinier pour le faîte, escaliers, porte. Adapté en Bolivie mais probablement moins à Haguenau. Des avis ?

    • Cette serre est faite pour un climat à forte amplitude thermique, dans les hauts plateaux, dans une région où les conditions de survie permettent une autonomie qui n’est pas celle du cadastre napoléonien agrémenté de droit du voisinage anglo-américain. Mais rien n’empèche de garder cette idée en tête pour prévenir les enjeux de changement climatique, de migrations climatiques et de surpopulation mondiale.

  4. bonjour, Quelqu’un a t’il essayé en europe ? Outre la température, qu’en est il du pb de la photopériode (temps journalié ensoleillement)?
    La bolivie étant plus proche de l’équateur les journées d’hivers doivent etre plus longues que chez nous. J’ai entendu dire (par des canadiens qui cultive sous serre) que la température compte assez peu (ils chauffent les serres en hivers), et que c’est surtout la photopériode qui compte. (latitude de bordeaux pour toronto). Avez vous des retour d’expérience?

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