Les grands principes du potager bio

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Des pratiques respectueuses de la terre, des méthodes de culture naturelles et saines basées sur l’alternance et les associations de légumes. Ne pas contrarier la nature mais a contrario s’appuyer sur sa richesse et sa biodiversité. Voilà les grands principes d’une gestion bio du potager…

  • Les plantes compagnes, ou le principe du “Je t’aime…moi aussi” !

Dans un potager bio, l’emplacement des légumes ne doit rien au hasard et s’étudie prioritairement en fonction du voisinage. Finis les alignements monotones et vulnérables d’une même variété. Le jardinier bio cultive de tout, notamment de nombreuses variétés de légumes et de fruits aux saveurs, couleurs, textures, formes…différentes. L’association des légumes ou de légumes et de fleurs apporte aussi tous ses bénéfices. Les rendements sont augmentés, les parasites  détournés, les insectes auxiliaires du jardinier invités, les maladies évitées. C’est dans cette diversité réfléchie que se dessine l’harmonie et la richesse du potager.

Association Tagetes et Tomate

  • A quoi bon bêcher en profondeur ?

Un bêchage profond est à proscrire pour ne pas bouleverser les sols. Le respect de l’équilibre de la faune microbienne qui fait la richesse des terres fertiles est fondamental, comme le clame depuis longtemps Claude Bourguignon. Le jardinier bio se contente ainsi d’ameublir la terre à l’aide d’outils adaptés et non destructifs pour l’écosystème. La grelinette, par exemple, permet de casser les mottes et décompacter le sol sans bêchage profond. La griffe, elle, brise la croûte superficielle autour des cultures pour permettre à l’eau de pluie de pénétrer jusqu’au système racinaire des plantes.

  • Jamais de sol à nu !

C’est une règle d’or. En culture bio, le jardinier évite de laisser les sols à nu pour qu’ils ne se compactent pas sous l’effet de l’alternance météorologique, mais aussi qu’ils ne s’appauvrissent à cause du lessivement des eaux de pluie ou encore que les mauvaises herbes ne l’envahissent. Il gagne ainsi du temps en couvrant l’hiver les planches de culture d’une bâche de protection ou, mieux, d’un épais tapis de feuilles mortes lestées qui font office de couverture naturelle. Il est aussi possible de semer des engrais verts (de la famille des légumineuses) qui fixent l’azote de l’air et participent à la régénération des sols.  Durant le reste de l’année, un paillage (mulch, broyats de végétaux) disposé autour des cultures en place favorise la vie microbienne tout en limitant l’invasion des mauvaises herbes. Il aide également à maintenir un sol frais et limite ainsi les arrosages.

protection potager hiver
Protection du potager en hiver.
  • Plus de produits chimiques !

Le potager bio ne tolère pas l’usage des produits chimiques qui finissent tôt ou tard par empoisonner les sols. Dans un jardin naturel, les plantes se soignent par…les plantes. Purins, décoctions (d’ortie, de prêle, de consoude, de tomate…) et autres bonnes potions si utiles de Jean-Paul Collaert, agissent en prévention ou en curatif. Éloigner les pucerons, lutter contre le mildiou, l’oïdium de la vigne, de la tomate…il existe une solution naturelle à chaque problème !

  • La rotation des cultures ou “la valse des légumes” !

Dans le potager bio, l’emplacement des légumes est modifié chaque année et organisé suivant une rotation des cultures pluriannuelle. Salutaire, elle permet de limiter la propagation des parasites et des maladies spécifiques.

  • Le compost, plaque tournante du bio.

De la terre à l’assiette. De l’assiette au compost. Et du compost à la terre. Voilà comment pourrait simplement se résumer l’importance du compostage. Un geste éco-citoyen qui plus est. Dans un potager bio, tout se recycle, ou presque. Les déchets végétaux rejoignent le tas de compost. Les tailles d’arbustes, de vigne, de framboisiers, d’arbres fruitiers… sont broyées pour être réinvesties en paillis ou alléger le compost. Quand le compost est mûr, tout transformé qu’il est en or noir, il retourne aux sources de la terre et nourrit la microfaune des planches de culture. Ainsi, la boucle est bouclée.

2 Commentaires

  1. Une question que je me pose depuis un certain temps concernant le paillage des sol. Lorsqu’au printemps le sol se réchauffe, vous enlever le paillis ou pas ? Parce que pas mal de pluie aussi à cette époque donc lessivage…

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