L’arbre aux quarante écus, un fossile vivant

1

L’arbre aux quarante écus, aussi connus sous le nom d’arbre aux mille écus ou encore Ginkgo biloba (pour le nom latin) est la dernière espèce vivante de sa famille. Actuellement, cette espèce est encore cultivé mais malheureusement, il en reste peu à l’état sauvage. Malgré son feuillage caduc et ses feuilles qui ne sont ni des aiguilles, ni des écailles, il est considéré comme un conifère.

L'arbre aux quarante écus, un fossile vivant (1)

L’histoire du nom de l’arbre aux quarante écus !

Le nom latin ginkgo vient de l’ancienne lecture japonaise “ginkyō” dans l’atlas botanique «Kinmôzui» de Nakamura Tekisai. Malheureusement le botaniste et médecin allemand Engelbert Kaempfer, écrivait si mal que le “y” du Ginkyō fut pris pour un “G” dans son livre de mémoire “Amoenitates exoticae” publié en 1712. On ne put jamais convaincre les botanistes de corriger cette erreur. Le plus ancien Ginkgo européen aurait été semé en 1730 au jardin botanique d’Utrecht. Le plus ancien Ginkgo français fut semé à Montpellier en 1778.

En 1780 , un amateur parisien, du nom de Pétigny, fit un voyage à Londres et trouva un horticulteur qui possédait cinq jeunes plants de Ginkgo et prétendait être le seul à en mettre en vente en Angleterre ; il en demandait un grand prix. Cependant après un abondant déjeuner, largement arrosé de vin, il vendit, pour 25 guinées, à M. Pétigny, ses cinq Ginkgo. L’amateur parisien les paya immédiatement et s’empressa d’enlever sa précieuse acquisition. Le lendemain, l’effet du vin s’étant dissipé, le jardinier anglais rechercha son client et lui offrit (la même somme), mais pour un seul des plants parmi les cinq qu’il avait vendu la veille. Mais cette offre fut refusée par M. Pétigny, qui porta les plants en France. Comme chacun lui avait coûté 40 écus, ce fut l’origine du nom appliqué à cet arbre en France : “l’arbre aux 40 écus”. ” (Texte de Loudon, 1844, traduit par H. Gaussen).

Les caractéristiques et les besoins du Ginkgo biloba.

Le ginkgo est un arbre a un port dressé même s’il a tendance à s’étaler avec le temps, il mesure environ 25 m de haut et 10 m de large. Comme énoncé précédemment, son feuillage est caduc et ses feuilles sont bi-lobées et palmées (elles ressemblent à une patte de canard). Ce végétale est une plante dioïque, c’est à dire que son espèce comprend des pieds mâles et des pieds femelles : les mâles ont des châtons cylindriques en guise de fleur et les femelles possède des ovules. C’est donc le vent qui transporte le pollen du châton jusqu’à l’ovule (anémogamie), une des caractéristiques qu’il a en commun avec les autres conifères. Cette période de floraison se déroule de mai à juillet. Les fruits, uniquement sur les pieds femelles, sont des ovules de 2 à 3cm de diamètre, et qui dégagent une odeur nauséabonde, ressemblant à celle de la vomissure, en automne lorsque les fruits commence à se rider. L’amande dans le fruit est comestible à maturité.  Son écorce est brune et liégeuse, mais de larges craquelures peuvent la sillonner avec l’âge.

L'arbre aux quarante écus, un fossile vivant (2)
Feuillage d’un Ginkgo biloba – Photographie de Kieffer Cyrille

Le ginkgo s’adapte à différents types de sol, même si il a une préférence pour les sols argilo-sableux, fertile, légèrement alcalin et drainant. Il supporte la sécheresse mais demande quand même un peu d’eau lors des périodes de sécheresse et ne demande pas d’apport d’engrais ou de fumier/compost. Il appréciera une exposition au soleil, mais supporte mal des températures au delà de 30°C. Dans ce cas, il est conseillé de l’arroser à chaque fois que vous constaterez que le sol au pied de l’arbre est sec. N’oubliez pas qu’un binage vaut deux arrosages. Malgré sa sensibilité aux fortes chaleurs, il est extrêmement résistant au froid : de -15 à -30°C.

Le Ginkgo, un arbre fossile qui à même survécu à la bombe atomique !

Le Ginkgo est considéré comme un arbre fossile, il est apparu sur terre un peu avant les dinosaures (il y a 300 millions d’années) : c’est le plus vieil arbre vivant reconnu. Cet arbre a également la réputation d’être le seul arbre à avoir survécu à la bombe atomique d’Hiroshima (largué par les américains le 6 août 1945). La végétation sur la zone entourant l’épicentre a été examiné en septembre de la même année et le ginkgo est le premier arbre à avoir bourgeonné le printemps suivant, sans aucune déformation. Celui-ci était situé devant un temple, détruit par l’explosion, a environ un kilomètre de l’épicentre. Lors de la reconstruction du temple, le ginkgo fut intégré dans l’escalier d’accès car il est devenu alors un symbole de vie et de renouveau. Trois autres ginkgos ont survécus à Hiroshima ainsi que pour les incidents de  Nagasaki et à Tchernobyl. Par la suite, de nombreuse études ont montré que le Ginkgo présente une grande résistance aux radiations et autres agents mutagènes. Il est également résistant aux maladies et aux ravageurs.En ce qui concerne des choses plus diverses sur cette plante, il faut savoir que dans son milieu d’origine. C’est un arbre qui peut vivre jusqu’à plus de 4000 ans.

Comment multiplier le Ginkgo biloba ? Méthode de semis et de bouturage !

  • Par semis : Tout d’abord, procurez-vous des graines, aux pieds d’un ginkgo lorsque les fruits sont tombés en fin d’automne en général. Conservez-les au frais ou attendez fin mars pour les ramasser. Après avoir lavé les graines si ce n’est pas déjà fait, faites les tremper dans l’eau pendant 2 ou 3 jours. Déposez les graines dans un mélange de sable (80%) et de terre ordinaire (20%) humide puis recouvrez le tout d’une couche fine du même mélange. Maintenez le substrat humide, vous pouvez vérifier l’humidité du substrat simplement en le touchant. La température idéale est de 20°C. Les graines germeront 3 semaines à un mois après le semis.
  • Par bouturage : Le Ginkgo peut être bouturé facilement, la bouture prélevée aura le sexe de l’arbre mère: c’est une manière sure de connaître le sexe de la future plante. Les Ginkgos multiplié par bouturage ont rarement un tronc central car la pousse choisie continuera de croître dans la direction qu’elle avait quand elle était encore attachée à l’arbre mère. Les pousses d’environ 15-30 cm sont à prendre en décembre et sont placées sous abris (serre, châssis). Elles s’enracineront au printemps suivant. Enlever les feuilles du bas et ne garder qu’une ou 2 feuilles en haut de la bouture.La bouture a « pris » lorsque les bourgeons se forment et éclosent. La bouture est mise dans un pot avec un mélange de sable et de tourbe car celle-ci permet de développer plus rapidement des radicelles. A savoir que la bouture peut aussi être pratiqué de la même façon en remplaçant le substrat par de l’eau.

1 Commentaire

  1. Bravo Cyrille pour l’origine du nom “arbre aux quarante écus”. J’ai une question très technique concernant la conduite d’un jeune gingko biloba en Cépée. La ville de Tours qui s’enorgueillit d’avoir en son jardin botanique un somptueux Gingko biloba en cépée classé à juste titre parmi les plus beaux arbres de France. Bien modestement je voudrais essayer de conduire un jeune plant en cépée parmi ceux que j’élève en pot issus de semis (très facile à réussir). Après de laborieuses recherches et interrogations tous azimuths, je n’ai aucune piste sérieuse pour savoir comment un jardinier de génie (*) à réussi cette cépée à Tours (photo disponible sur internet en entrant simplement Gingko biloba jardin botanique Tours). Si Cyrille a du temps disponible, je suis sûr qu’il sera intéressé par ce sujet rarement abordé. Certains pépiniéristes m’ont suggéré de planter 2 ou 3 pieds très rapprochés afin d’obtenir une cépée. Suggestion totalement hors sujet et une insulte au chef d’œuvre tourangeau.

Laisser un commentaire